Avant de commencer : sauvegarde et inventaire
Le vendeur fait une sauvegarde complète : tous les fichiers du site, dont le dossier wp-content qui contient le thème, les extensions et les images, et un export de la base de données. Une copie est remise à l'acheteur. C'est l'assurance des deux parties si une étape se passe mal.
Pendant le transfert, évitez de publier ou de modifier les contenus : ce qui serait fait entre la sauvegarde et la bascule risquerait d'être perdu.
Faites ensuite l'inventaire de tout ce qui doit changer de mains. La liste paraît longue, mais un oubli coûte plus cher qu'une heure de vérification :
- Le nom de domaine et son registraire.
- L'hébergement et, le cas échéant, le CDN.
- Les comptes administrateurs WordPress.
- Les licences des thèmes et des extensions payants.
- Les outils branchés au site : envoi d'e-mails, formulaires, liste d'abonnés, sauvegardes automatiques.
- Google Analytics, Search Console, AdSense et les identifiants d'affiliation.
- Les comptes de réseaux sociaux du site, s'ils sont inclus dans la vente.
Deux façons de faire
Selon l'hébergeur et la situation du vendeur, deux méthodes sont possibles :
- Transférer le compte d'hébergement : l'hébergeur fait passer le compte au nom de l'acheteur, sans rien déplacer. C'est rapide quand l'hébergeur le propose, mais l'acheteur hérite de tout ce que contient le compte : vérifiez qu'il n'héberge que ce site.
- Migrer le site chez l'hébergeur de l'acheteur : on copie les fichiers et la base sur un nouvel hébergement. C'est la méthode la plus propre, celle que décrit la suite de ce guide.
Migrer chez l'hébergeur de l'acheteur
La documentation officielle de WordPress décrit cette procédure ; la voici adaptée au cas d’une vente :
- L'acheteur ouvre son hébergement et crée une base de données vide. Il donne au vendeur un accès temporaire (SFTP et base), ou récupère lui-même l'archive.
- Le vendeur exporte la base (phpMyAdmin, l'outil de son hébergeur ou WP-CLI) et copie tous les fichiers. Une extension de migration peut faire les deux en une archive.
- Les fichiers et la base sont importés chez l'acheteur. Dans wp-config.php, on renseigne le nom de la nouvelle base, son utilisateur et son mot de passe.
- On teste le site sur le nouvel hébergement avant de toucher aux DNS, par exemple avec le fichier hosts de son ordinateur ou une adresse temporaire fournie par l'hébergeur.
- Si l'adresse du site change (nouveau domaine, passage en https), on remplace les adresses dans la base avec un outil qui respecte les données sérialisées : la commande search-replace de WP-CLI ou une extension dédiée. Un simple rechercher-remplacer dans l'export SQL casse les réglages des thèmes et des widgets. Ne modifiez jamais la colonne GUID des articles.
- On fait pointer le domaine vers le nouvel hébergement, puis on vérifie le certificat HTTPS, les permaliens (à réenregistrer dans Réglages > Permaliens), les tâches planifiées, les formulaires et l'envoi d'e-mails.
- L'ancien hébergement reste en place quelques jours, le temps que les nouveaux DNS soient pris en compte partout, puis le vendeur le ferme.
Le domaine
Le domaine se transfère en général en premier : c'est l'élément le plus précieux, et sans lui le reste ne sert à rien. Deux méthodes : changement de compte chez le même registraire, ou transfert vers le registraire de l'acheteur avec le code d'autorisation. Les pièges sont détaillés dans notre guide transférer un nom de domaine.
Attention aux DNS pendant la bascule : si le domaine change de registraire alors que le site est encore chez l'ancien hébergeur, recopiez la zone DNS à l'identique (adresse du serveur, enregistrements MX des e-mails, enregistrements TXT de vérification) pour éviter une coupure.
Les accès WordPress et la sécurité
Le but est simple : à la fin, le vendeur ne doit plus avoir aucun accès.
- Le vendeur crée un compte administrateur pour l'acheteur.
- L'acheteur se connecte, vérifie la liste des utilisateurs, puis supprime les comptes du vendeur et de toute personne qui n'a plus à intervenir, en réattribuant leurs contenus.
- L'acheteur change tous les mots de passe : hébergement, base de données, SFTP, registraire, e-mails, outils.
- Il régénère les clés de sécurité de wp-config.php, ce qui déconnecte toutes les sessions ouvertes, et révoque les mots de passe d'application et les clés d'API du vendeur.
- Il active la validation en deux étapes sur les comptes qui le permettent.
Search Console et Google Analytics
Search Console : l'acheteur ajoute la propriété dans son compte et la valide avec son propre jeton (fichier HTML, balise ou enregistrement DNS), ou le vendeur l'ajoute comme propriétaire depuis Paramètres > Utilisateurs et autorisations. Il faut ensuite retirer les anciens propriétaires validés en supprimant leurs jetons du site, puis les retirer de la liste des utilisateurs. Prudence : un même jeton peut servir à d'autres services Google.
Google Analytics 4 : deux options. Le vendeur ajoute l'acheteur comme administrateur de la propriété, puis se retire. Ou il déplace la propriété vers le compte Analytics de l'acheteur, ce qui demande les rôles Administrateur et Éditeur sur les deux comptes.
Pensez aussi à retirer l'adresse technique de Cessiva de vos outils : elle ne sert plus après la vente.
Publicité et affiliation
Les comptes AdSense et d'affiliation ne se cèdent pas avec le site. L'acheteur ajoute le site à son propre compte AdSense ; Google vérifie qu'il en est propriétaire et que le site respecte ses règles, ce qui prend en général quelques jours, parfois 2 à 4 semaines. Il remplace ensuite le code des annonces et la ligne du fichier ads.txt par son propre identifiant d'éditeur.
Pour Amazon, Awin et les autres programmes, l'acheteur remplace les identifiants dans tous les liens, y compris les liens courts et les boutons. Le détail est dans notre guide AdSense, Amazon, Awin : ce qui se transfère.
Les licences des thèmes et extensions
Une licence payante peut être liée à un compte ou à une personne plutôt qu'au site. Selon l'éditeur, elle peut être transférée, ou l'acheteur doit acheter la sienne pour continuer à recevoir les mises à jour. Listez chaque licence dans l'annonce et vérifiez les conditions de chaque éditeur avant la vente : c'est un coût que l'acheteur intégrera à son offre.
Après la bascule : les contrôles de l'acheteur
Sur Cessiva, l'acheteur coche « reçu » pour chaque étape, puis dispose de 7 jours de garantie pour vérifier que tout correspond à l'annonce. Avant de confirmer, contrôlez au minimum :
- Les pages principales répondent, sans erreur 404 ni boucle de redirection.
- Le sitemap est accessible et Search Console ne signale pas de hausse des erreurs d'exploration.
- Les statistiques arrivent dans votre Analytics et votre Search Console.
- Les formulaires et les e-mails partent bien.
- Le renouvellement automatique du domaine est activé sur votre compte.
- Les liens d'affiliation portent vos identifiants.
Questions fréquentes
Faut-il une extension de migration ?
Non. Elle simplifie le travail pour un petit site. Pour un gros site, ou si l'extension échoue, la copie des fichiers et de la base, ou WP-CLI, reste la méthode la plus sûre.
Le site sera-t-il coupé pendant le transfert ?
Pas forcément. Si le site est testé sur le nouvel hébergement avant le changement des DNS, la coupure peut être évitée. Pendant que les nouveaux DNS se propagent, certains visiteurs voient encore l'ancien serveur, qui doit donc rester en ligne quelques jours.
Qui paie le nouvel hébergement ?
L'acheteur, dès que le site est chez lui. Le vendeur garde l'ancien quelques jours après la bascule, comme convenu entre les parties.